La décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre de champion d’Afrique 2026 au Sénégal au profit du Maroc continue de susciter une vive polémique.
Parmi les voix les plus critiques, Tata Avlessi Adaglo, ancien président de la Fédération togolaise de football, a dénoncé cette décision dans une déclaration au ton particulièrement virulent.
Selon l’ancien dirigeant, la CAF « a poussé l’absurde jusqu’au bout », en référence à la décision du Jury d’Appel rendue 59 jours après la finale de la 35e CAN, alors que le Sénégal avait battu le Maroc 1-0 après prolongation. Il a qualifié cette décision de « première dans l’histoire du football mondial », rappelant que la CAF s’était appuyée sur l’article 82 du règlement sur l’abandon de match.
S’interrogeant sur la crédibilité des membres du Jury, Tata Avlessi Adaglo a affirmé que « certains sont toujours mal vus dans leur propre pays pour avoir été des serpents de mer dans plusieurs dossiers ». Il a également critiqué la gouvernance de la CAF, déclarant que « cette décision inique et infondée est un grand coup d’assommoir porté au football africain » et accusant Patrice Motsepe, président de l’instance, d’en porter « l’entière responsabilité ».
Il a ajouté que Patrice Motsepe « s’est transformé en godillot de Gianni Infantino », dénonçant ses gestes d’allégeance depuis mars 2021. Selon Tata Avlessi Adaglo, cette proximité avec la FIFA a abouti à « une farce visant à retirer le titre de champion au Sénégal ». Il a aussi remis en cause la logique de la CAF, affirmant qu’on ne peut pas parler d’abandon pour un match terminé et soulignant que « si le Maroc avait gagné la finale, la CAF n’aurait probablement pas pris une telle décision ».
Tout en saluant les progrès du Maroc dans le développement du football africain, il a ajouté que « le Royaume chérifien n’a pas besoin de ce coup de pouce diabolique », estimant que cette décision « réduit ses efforts à néant et sème la division dans le football africain ».
L’ancien président togolais a condamné « avec la dernière énergie cette décision grotesque qui enlève toute crédibilité à la CAF » et a appelé les 54 associations membres à « prendre leurs responsabilités avant que le duo Motsepe–Infantino ne donne le coup de grâce au football africain ». Il a encouragé le Sénégal à poursuivre la procédure devant la justice sportive pour obtenir gain de cause, rappelant son propre recours victorieux devant le Tribunal arbitral du sport en 2008.
Cette sortie musclée relance le débat sur la légitimité de la décision du Jury d’Appel de la CAF et accentue la pression sur les instances dirigeantes du football africain, alors que de nombreuses voix réclament davantage de transparence et de cohérence dans la gestion des compétitions continentales.
Hugues T.
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