Une nouvelle polémique secoue les hautes sphères du football mondial. Un projet porté par le président de la FIFA, Gianni Infantino, visant à associer des investisseurs privés à la gestion commerciale de la Coupe du monde et de la Coupe du monde des clubs, a provoqué une vive réaction de l’UEFA.
L’instance européenne dénonce une démarche qui, selon elle, pourrait remettre en cause la gouvernance et l’identité même du football.
Selon les informations du quotidien britannique The Times, Gianni Infantino envisagerait la création d’une nouvelle société chargée de gérer les intérêts commerciaux liés aux compétitions majeures de la FIFA. Cette structure pourrait accueillir des capitaux privés afin d’augmenter les revenus générés par le Mondial et la Coupe du monde des clubs.
L’objectif affiché serait de renforcer les ressources financières de l’instance mondiale et de permettre aux 211 associations membres de la FIFA de bénéficier de nouvelles retombées économiques. D’après la FIFA, ce mécanisme pourrait notamment offrir un soutien financier immédiat aux fédérations affiliées, avec une augmentation progressive des revenus dans les années à venir.
Mais ce projet ne fait pas l’unanimité. Toujours selon The Times, certains investisseurs proches de l’entourage du président américain Donald Trump seraient intéressés par cette initiative. Le nom de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, est notamment évoqué parmi les potentiels acteurs appelés à intégrer ce groupe d’investisseurs.
Une perspective qui renforce les interrogations autour de la gouvernance du football mondial et de l’influence grandissante des intérêts privés dans les grandes compétitions internationales.
Face à ces révélations, l’UEFA a rapidement réagi. Dans un communiqué publié sur le réseau social X, l’instance européenne a exprimé son inquiétude et appelé à la prudence concernant une éventuelle ouverture du capital des compétitions de la FIFA.
« L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs négociables – surtout sans aucune transparence sur qui profitera des gains financiers », a déclaré l’UEFA, avant d’ajouter : « Le football n’appartient à personne, ce n’est pas à la FIFA de le vendre. »
Pour l’organisation européenne dirigée par Aleksander Čeferin, une telle évolution nécessite davantage de garanties et de transparence afin de préserver les valeurs fondamentales du football. Cette sortie traduit une nouvelle fracture entre la FIFA et l’UEFA, deux institutions majeures dont les visions économiques et stratégiques divergent régulièrement.
Alors que Gianni Infantino poursuit sa volonté de développer les revenus du football mondial à travers de nouveaux modèles économiques, ce projet pourrait devenir un nouveau point de tension entre les différentes instances dirigeantes du sport roi.
Pour l’heure, aucun accord officiel n’a été annoncé. Mais cette affaire pourrait rapidement devenir l’un des principaux sujets de débat dans les mois à venir, tant les enjeux financiers, politiques et sportifs apparaissent considérables pour l’avenir du football mondial.
Hugues E. TOVIEKU
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