Le complexe sportif d’Olembe, à Yaoundé, continue de susciter des interrogations sur son état d’avancement et sur le coût de sa réalisation.
Une visite effectuée dimanche par Cyrille Tolo, Conseiller spécial n°2 du MINSEP, accompagné de journalistes et chroniqueurs d’Info TV, a permis de faire un nouvel état des lieux de certaines infrastructures encore inachevées.
Derrière l’enceinte qui a déjà accueilli des rencontres de la CAN 2021, plusieurs composantes du projet restent en attente d’achèvement. L’hôtel cinq étoiles prévu sous les gradins du stade serait réalisé à environ 40 %, tandis que le centre commercial affiche un taux d’avancement estimé à 50 %, selon les éléments présentés lors de cette visite.
Ces chiffres relancent la question du calendrier d’achèvement du complexe, dont les travaux ont débuté en 2015. Cyrille Tolo a toutefois assuré que l’hôtel et le centre commercial devraient être terminés « d’ici le début de l’année prochaine ».
Le chantier continue par ailleurs de peser lourdement sur les finances publiques. Évalué initialement à 163 milliards de francs CFA lors de la signature du contrat avec le groupe italien Piccini en 2015, le projet aurait déjà mobilisé plus de 220 milliards de FCFA.
Alors que l’ensemble n’est toujours pas achevé, l’Office National des Infrastructures et des Équipements Sportifs (ONIES) a récemment attribué un marché de 3,455 milliards de FCFA à AMA Consulting. Cette mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage, prévue sur 20 mois, doit notamment permettre d’accompagner et de contrôler l’achèvement des composantes encore incomplètes du complexe.
Le dossier connaît également un nouvel épisode sur le plan judiciaire et financier. Dans le litige opposant le Cameroun au constructeur italien Gruppo Officine Piccini, le tribunal arbitral constitué sous l’égide du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a condamné l’État camerounais à verser 78,5 millions d’euros, soit environ 51,49 milliards de FCFA.
La sentence, transmise aux parties le 4 septembre 2026, prévoit également des intérêts courant depuis novembre 2019 ainsi qu’une prise en charge d’une partie des frais de procédure.
Le projet lancé il y a plus d’une décennie se retrouve donc encore confronté à plusieurs défis : achever les infrastructures restantes, mobiliser de nouvelles ressources pour leur suivi et gérer les conséquences financières du contentieux avec son constructeur initial.
Après le passage de Piccini, la reprise des travaux avait notamment été confiée à Magil. Mais cette nouvelle phase n’a pas permis d’aboutir à l’achèvement complet du complexe, le contrat ayant finalement connu une rupture annoncée par l’entreprise en 2022-2023.
À Olembe, le stade principal est déjà une réalité sportive. Les autres composantes du complexe, elles, attendent encore de connaître leur épilogue.
Hugues E. TOVIEKU
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