Des Championnats scolaires et Universitaires à la D2, Hamadou Boukari a connu une transition rapide et réalise un travail magnifique à la tête d’Ifodjè avec lequel il a signé un contrat de deux ans le 30 septembre 2022. Notre rédaction est allée à la rencontre de ce technicien de 43 ans, titulaire d’une Licence B CAF (de la génération Maurice Noutsoudjin) qui a mis en place une équipe composée de joueurs togolais uniquement avec l’ambition de monter en D1 Lonato. Entretien.
On vous a connu dans le football scolaire et universitaire, comment s’est fait la transition vers la D2?
HB : C’est vrai qu’on m’a connu dans le football universitaire et scolaire où on a fait notre preuve et porteur d’un projet. Au Lycée, nous avons remporté quatre trophées jusqu’à ce que ces jeunes n’obtiennent leur bac. La transition a été facile puisque j’ai eu à faire la présaison et le début de saison à Gbohloesu en première division (2020-2021). Ensuite j’ai fait une opération sauvetage à Foukpa en D2 la même année. J’ai acquiert l’expérience et ça se passe bien avec Ifodjè où on a eu la chance de faire la présaison, d’établir notre planification et nous sommes fiers de ses fruits.

L’équipe d’Ifodjè posant pour une photo avant un match de D2.
Pourquoi avoir choisi Ifodjè?
Hamadou Boukari : Ifodjè parce qu’ils mont fait appel et m’ont présenté un projet dans lequel je me retrouve. Donc je me suis senti prêt à les accompagner. Travailler sur la durée, ne pas être trop pressé et atteindre ses objectifs. La meilleure façon de procéder. Toutes les équipes veulent monter, mais ce n’est pas possible. Il faut deux ans pour se préparer comme ça lorsque vous serez en D1, vous n’allez pas faire l’ascenseur. C’est le travail que nous sommes en train de faire à Atakpamé. La deuxième raison est que c’est mon ancien club. Il y a vingt ans, j’ai fait venir ce club en première division en tant que capitaine. Du moment où ce qu’on m’a présenté cadre avec mes ambitions, j’ai naturellement accepté ce challenge. Je suis convaincu de pouvoir ramener le club en D1 aussi en tant que coach. C’est une ambition personnelle.
La pression est forte à Atakpamé puisque les supporters veulent retrouver la D1 Lonato, comment gérez-vous tout ça ?
Hamadou Boukari : Ça n’a pas été facile au début. Mais avec le temps, le bureau a essayé d’expliquer le projet et ils ont compris après. Comme je le disais, notre projet consiste à évoluer uniquement avec les joueurs nationaux dans la politique du consommer local. Nous sommes peut-être la seule équipe à ne pas avoir des joueurs étrangers. Les supporters n’ont pas accepté au départ, mais aujourd’hui ils sont les mêmes à nous féliciter. Nous avons géré la pression avec une communication saine entre le bureau du club et celui des supporters. Moi-même j’essaie de leur expliquer aussi le bien fondé de notre projet.

Hamadou Boukari croit en la montée d’Ifodjè en D1 Lonato.
Pensez-vous que la montée est toujours possible pour Ifodjè ?
Hamadou Boukari : Oui c’est encore possible [Ifodjè est actuellement 3e avec à 3 points du deuxième, Doumbé qui a 2 matchs en retard]. Notre objectif premier est d’asseoir une équipe jeune avec notre projet et d’essayer de gagner le plus grand nombre de matchs. La mayonnaise a pris et on encaisse peu. Notre objectif est de ne plus perdre de match et de faire le moins de matchs nuls possible. Si on y arrive, je pense que la montée sera possible.
Comptez-vous aller au bout de votre contrat ou Boukari a déjà des envies d’ailleurs ?
Hamadou Boukari : Je compte respecter mon contrat afin d’asseoir une équipe compétitive. Et même si je ne suis plus là après les deux saisons, je serai ravi de voir le club monter et rester en D1. Je suis un homme de principe et de parole.
Vous êtes partis avec quelques uns de vos joueurs dans les championnats universitaires dont Arafat Djobo. Comment trouvez-vous leur évolution ?
Hamadou Boukari : Oui il y a aussi Sedjro, Jackson Doké (frère aîné de Josué Doké) et récemment Djeri. Ce sont des jeunes qu’il faut aider. Ils ont une marge de progression et aujourd’hui ils peuvent évoluer dans n’importe quelle division. C’est aussi pour dire que le championnat universitaire regorge beaucoup de talents. J’ai dit une fois que le championnat universitaire n’est pas loin du niveau de nos Championnats nationaux. Les joueurs ont du potentiel et ils vont encore progresser. Techniquement, tactiquement ou encore physiquement, ils ont déjà un bagage assez lourd. Je compte sur eux et ils font le boulot.

Ifodjè FC. ©Djantavi
L’autre mal qui rogne notre football est la question des salaires impayés. Quelle est la situation à Ifodjè?
Hamadou Boukari : Arriérés non. Jamais depuis le début de la saison. Nous sommes en train d’essayer de restructurer ce club en mettant ou en essayant de respecter beaucoup de choses
Un dernier message à l’endroit des supporters d’Ifodjè et de toute la population d’Atakpamé
Hamadou Boukari : D’abord, je tiens à remercier la présidente, Mme le Maire Yawa Kouigan qui ne ménage aucun effort pour nous mettre dans de bonnes conditions afin d’obtenir de meilleurs résultats. Et tout son bureau notamment le vice-président Toyo Yao pour les efforts fournis. Aux supporters, je leur dit merci de m’avoir accueilli comme leur enfant, frère et entraîneur. Nous leur promettons de continuer par faire un bon boulot pour que Ifodjè retrouve ses lettres de noblesse. Nous allons redonner des couleurs à ce club identitaire. Mais à condition qu’ils soient avec nous.