L’équipe togolaise de tennis a connu une lourde défaite face à l’Inde lors des barrages du Groupe I de la Coupe Davis.
Un résultat qui, selon Nicolas Ayeboua, conseiller spécial du président de la Fédération Togolaise de Tennis et responsable de la coupe Davis pour le Togo, met en lumière les lacunes dans la préparation et le manque de financement dont souffre le tennis togolais.
« Nous sommes face à une réalité cruelle. L’Inde possède des joueurs classés entre la 400e et la 500e place mondiale, tandis que nos joueurs, bien que talentueux, n’ont pas ce classement. Pourtant, ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient rivaliser, comme lors de nos victoires contre l’Indonésie et la Lettonie. Malheureusement, cette fois-ci, les scores ne reflètent pas notre véritable niveau » a-t-il confié.
Pour le capitaine joueur du Togo des années 90, la différence s’est surtout faite sur la préparation, un aspect qui a cruellement manqué au Togo dans cette campagne. « Une Coupe Davis ne se prépare pas en quelques semaines. Il faut mettre les joueurs en condition plusieurs mois à l’avance, leur permettre de jouer des tournois, de s’entraîner à un haut niveau. Ce qui n’a pas été le cas, faute de moyens » a-t-il regretté.
Il pointe également du doigt le manque la précarité financière, un handicap pour l’équipe après sa qualification pour le Groupe I. « Depuis notre qualification, les moyens n’ont pas suivi. Après notre victoire contre la Lettonie, une récompense a été distribuée aux joueurs, mais rien n’a été fait pour préparer la rencontre contre l’Inde » explique-t-il, avant de dénoncer une mauvaise répartition des ressources. « Au lieu d’investir sur les joueurs, nous avons dépensé dans l’accompagnement. Ce n’est pas ainsi que nous allons progresser. Si l’État ou le ministère doit financer, il faut que cela profite en priorité aux acteurs : leur entraînement, leurs équipements, leur préparation. »
Enfin, il insiste sur l’importance du mental dans la performance des joueurs. « Lorsqu’un joueur ne se sent pas soutenu, cela se ressent sur le terrain. Nous devons renforcer l’accompagnement psychologique, assurer une relève et mettre en place une stratégie durable. Sinon, nous allons redescendre aussi vite que nous sommes montés. »
Avec cette défaite, l’avenir du tennis togolais sur la scène internationale semble compromis si des réformes ne sont pas rapidement mises en place. La Fédération et les autorités sportives doivent maintenant repenser leur approche pour garantir un avenir compétitif au tennis togolais.
Kodjo A
Crédit photo :DR