L’Espagne a une nouvelle fois rendez-vous avec son histoire. Au terme d’une finale intense et indécise disputée ce dimanche 19 juillet au Stade de New York New Jersey, la Roja a fait tomber l’Argentine de Lionel Messi (1-0, a.p.) pour s’adjuger le Mondial 2026. Un succès qui permet aux Espagnols de décrocher une deuxième étoile mondiale, seize ans après leur premier sacre en Afrique du Sud, tout en mettant fin au règne de l’Albiceleste sur la scène internationale.
Cette affiche tant attendue opposait le champion d’Europe en titre au tenant de la couronne mondiale. D’un côté, une sélection espagnole portée par son jeu collectif et sa maîtrise technique. De l’autre, une Argentine ambitieuse, emmenée par Lionel Messi, qui rêvait de conserver son titre acquis au Qatar en 2022.
Pendant de longues minutes, les deux formations se sont neutralisées sur le tableau d’affichage, mais la physionomie du match a nettement penché du côté espagnol. La Roja a largement dominé les débats avec 65% de possession de balle et une nette supériorité au nombre de tirs (20 contre 8, dont 12 cadrés contre seulement 2 pour l’Albiceleste). Solides défensivement, les Argentins ont résisté aux offensives espagnoles pendant tout le temps réglementaire, sans parvenir eux-mêmes à se procurer la moindre occasion franche.
C’est finalement en prolongation que l’Espagne a cru faire la différence une première fois. Trouvé au point de penalty par Pedro Porro, Mikel Merino n’a pu cadrer sa tentative, mais le ballon repoussé par Emiliano Martínez est revenu sur Nico Williams, qui l’a poussé au fond des filets. Une joie de courte durée : l’arbitre slovène Slavko Vinčić a annulé la réalisation pour une faute préalable de Merino sur Nicolás Otamendi, une décision qui a immédiatement alimenté les discussions.
Il a finalement fallu attendre la seconde période de prolongation pour voir le verrou sauter. À la 106e minute, Ferran Torres, entré en cours de jeu, a profité d’un ballon mal repoussé dans la surface argentine pour inscrire l’unique réalisation de la rencontre et faire exploser de joie le camp espagnol.

Menée au score, l’Albiceleste a tenté de réagir sans parvenir à réellement mettre en danger la défense espagnole. Les champions du monde en titre n’ont cadré leur première tentative qu’à la 122e minute de jeu, symbole de leurs difficultés offensives. Réduite à dix après l’expulsion d’Enzo Fernández, l’Argentine a terminé la rencontre en infériorité numérique, sans réussir à arracher l’égalisation. Lionel Messi, pour ce qui pourrait être sa dernière apparition en Coupe du monde, quitte ainsi la scène mondiale sur une immense déception.
Au coup de sifflet final, l’émotion était immense dans le camp espagnol.
« Nous sommes champions du monde. Je suis très heureux et très fier de mes joueurs. Nous avons remporté tous nos matchs et sommes restés unis tout au long de la compétition », a déclaré Luis de la Fuente, saluant la solidarité et le talent de son groupe.
Ce sacre vient récompenser le travail entrepris depuis plusieurs années par la sélection espagnole. Sous la houlette de Luis de la Fuente, l’Espagne confirme son retour au premier plan et s’appuie sur une génération talentueuse mêlant jeunesse et expérience.
Pour l’Argentine, cette défaite met un terme à une aventure exceptionnelle portée par Lionel Messi et une génération qui aura marqué son époque avec une Copa América et un Mondial remportés en 2022. Pour l’Espagne, elle ouvre au contraire un nouveau chapitre, celui d’une nation redevenue reine du football mondial.
L’Argentine de Lionel Messi abandonne ainsi sa couronne mondiale, quatre ans après son titre au Qatar en 2022. L’Albiceleste s’incline pour la quatrième fois en finale de la Coupe du monde, après les éditions de 1930, 1990 et 2014, tout en conservant trois sacres mondiaux (1978, 1986 et 2022).
Seize ans après son premier titre remporté en Afrique du Sud en 2010, la Roja décroche ainsi une deuxième étoile mondiale et rejoint le cercle des nations sacrées à deux reprises, aux côtés de la France et de l’Uruguay. Une consécration qui vient clôturer en beauté ce Mondial 2026 organisé conjointement par le Canada, le Mexique et les États-Unis.
Hugues E. TOVIEKU
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