Il était l’élégance et la classe. En plus de sa promptitude et son sens de placement, il était technique et puissant. Sur les coup-francs, il était inégalable. Il était défenseur central, le seul, après deux autres joueurs internationaux togolais, Hounkpati Herman Ressort et Denke Kossi Wazo à faire plus ou moins, comme eux…
Ironie du sort, ses deux illustres ainés précités ont été une fois, à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (1972 pour Ressort et 1984 pour Wazo), mais Salou Tadjou n’avait pas eu la même chance. Salou Tadjou a quitté le monde des vivants le 3 avril 2007 à Lomé, des suites d’une longue maladie… Et les souvenirs qu’on garde de lui, c’est qu’il était connu et idolâtré dans son pays, comme en Tunisie où il avait évolué aux côtés de son frère Ouadja Lantame. Son club, Club Africain de Tunis, dans lequelles deux internationaux togolais ont évolué de 1995 à 1997. Avant de s’envoler en Suisse pour servir Servette de Genève. Autant au Togo, Salou Tadjou était connu comme un défenseur intraitable. Aimé, beau par sa posture et surtout par son allure sur les aires de jeu, il inspirait l’assurance tout en assurant la gagne.
Des témoignages sur Salou Tadjou qui font pleurer
Et puis, ce témoignage du compatriote qui évoque les souvenirs de Salou Tadjou, en ces termes : « Toujours vrai capitaine de notre équipe nationale, Tadjou, le spécialiste des coups de pied arrêtés. Tadjou, le spécialiste des tacles ravageurs ; Tadjou, le Scorpion vert de Tokoin (…) Tadjou, le sociétaire de Servette de Genève en première division de Suisse. Tadjou, l’élégant dans les jeux de tête, jeux aériens, de pieds, même dans les penalties pendant les moments très difficiles des grands matchs. Et même dans sa démarche, il dégageait de l’élégance pour ceux qui le connaissaient très bien comme moi… ».

Pour quelqu’un qui parle ainsi de l’international togolais Salou Tadjou, passé par AC Merlan, Modèle, Agaza Omnisports de Lomé et ensuite, Club Africain de Tunis, Servette de Genève, avant de revenir au pays, pour les derniers challenges de sa carrière, il a fallu vraiment l’avoir bien connu ! Autre témoignage relatif au passage de l’ancien capitaine du Togo, au Club Africain de Tunis par un compatriote basé aux Etats-Unis qui parle du défunt Salou Tadjou : « J’ai croisé un Tunisien aux Etats-Unis d’Amérique ; il était membre des supporters du grand Club Africain de Tunis où notre chouchou d’Agaza a évolué. Et quand j’ai dit au monsieur-là que je suis Togolais, je vous assure qu’il s’est fondu en larmes… ».
Autant dire que Salou Tadjou qui a été l’un des meilleurs défenseurs du Togo et déjà enfoui dans les oubliettes de nos mémoires, il ne l’est pas, du moins, pour le Chroniqueur. Ailleurs aussi, il n’est pas oublié. Et nous ici, on ne pourrait pas, en cette période du 16e anniversaire de sa disparition, manquer de revenir sur l’amour porté en Tunisie par les supporters du Club Africain. Et le membre des supporters du grand Club Africain de Tunis, de poursuivre, triste, respect et amour. Bien accroché, à des souvenirs qu’il a gardés de Salou Tadjou : « Notre Salou Tadjou était l’incarnation de la vraie joie de notre formation, Club Africain de Tunis (…) Nos supporters avaient créé un hymne, une chanson spéciale pour le grand Salou Tadjou qu’ils chantent uniquement pour lui, durant tous ses matchs ».

L’inattendu, l’inimaginable, l’imprévu pour ne pas tout dire, reste ce dernier témoignage qui doit faire école, partout en Afrique, face à ces joueurs héros et plus forts que le temps qu’ils ont passé sur cette terre. Salou Tadjou a passé l’arme à gauche, à 33 ans. Et l’oublier seulement après 16 années, par le pays qu’il avait servi… ? Aux lecteurs de répondre ! Surement et après cette belle histoire de la Cafétéria de Tunis : « Il y avait une Cafétéria où notre grand Salou Tadjou allait déjeuner et chaque fois qu’il est là, presque tout le quartier remplissait cette cafète, au point que le propriétaire avait prévu changer le nom de cette Cafétéria en Cafétéria Salou Tadjou, puisque le propriétaire faisait beaucoup d’argent ».
Sportif, musicien, danseur ou artiste du Togo, d’Afrique ou du monde, c’est si bien et convenable de faire en sorte que vos œuvres soient votre témoignage, après votre passage, ici-bas.