Deux équipes face à face, des ballons à lancer, des adversaires à éviter et une partie où chaque mouvement peut faire la différence. Le dodgeball est un sport collectif sans contact qui mêle adresse, rapidité, esquive et stratégie. Le principe est simple : toucher les joueurs de l’équipe adverse avec un ballon pour les éliminer, tout en évitant soi-même les tirs. Une discipline encore peu connue au Togo, mais qui y construit progressivement sa place.
Pourtant, le dodgeball n’est pas nouveau au Togo. Depuis septembre 2018, l’Association togolaise de dodgeball travaille à faire connaître et à structurer cette discipline. Officiellement enregistrée en novembre 2019 au ministère de la Décentralisation, elle multiplie depuis les initiatives pour développer sa pratique à travers le pays.
L’un des principaux axes de ce travail concerne les jeunes. Le dodgeball a été introduit dans plusieurs établissements, notamment au Lycée de Hédzranawoé et à Tokoin Solidarité. L’association mène également des actions dans les quartiers et voit progressivement apparaître de nouveaux clubs. À Lomé, six clubs sont actuellement actifs, tandis que d’autres sont en création, y compris à l’intérieur du pays.
Pour faire découvrir la discipline, les responsables misent beaucoup sur la démonstration.
« La communication, c’est par observation. Nous atterrissons dans un établissement et dès que nous faisons la démonstration, les enfants accourent. Tout le monde veut tirer sur son adversaire déjà, et on les organise maintenant en petits groupes, et voilà le jeu commence », a expliqué Issifou Kamalou-Dine, président de l’Association togolaise de dodgeball.
Une approche qui, selon lui, suscite rapidement l’adhésion des jeunes. « Dès qu’ils goûtent un peu, ils ne veulent plus repartir. Voilà, donc progressivement, nous sommes en train d’installer le dodgeball au Togo », a-t-il souligné.
Cette implantation s’est construite à travers plusieurs initiatives, notamment un festival organisé à la plage en août 2024 et une participation, pour la troisième fois, à une activité liée au festival des enseignants d’éducation physique et sportive au Lycée d’Agoè.
Le Togo a également commencé à se confronter au niveau continental. Après une première expérience d’observation lors d’une compétition africaine au Maroc, la sélection togolaise a participé à la CAN de dodgeball organisée en Côte d’Ivoire en 2025. Avec des équipes masculine et mixte, le Togo a terminé cinquième sur huit participants.
C’est dans cette dynamique que Mme Paré Aminata était à Lomé le samedi 26 septembre. Directrice technique de développement du dodgeball en Afrique, elle était en mission pour observer le travail réalisé au Togo et échanger avec les acteurs.
Avant l’activité, elle a également assuré un renforcement des capacités à l’endroit des arbitres, des entraîneurs et des joueurs. Une séance consacrée notamment aux exigences de la discipline et à la maîtrise de ses règles.
« Je suis venue sous forme d’une mission de la Confédération Africaine pour voir où en est le dodgeball au Togo et quelles sont les actions menées sur le terrain pour promouvoir cette discipline », a expliqué Mme Paré Aminata.
Après avoir assisté aux activités, elle a salué les efforts de l’association ainsi que l’engagement et la passion des joueurs. Son regard sur le niveau observé au Togo est positif, même si elle estime qu’un accompagnement plus important reste nécessaire.
« Ils ont la performance, c’est l’accompagnement qui leur manque », a-t-elle souligné.
Au cours de sa visite, Mme Paré Aminata s’est également adressée aux joueurs et aux joueuses, les encourageant à rester mobilisés aux côtés de leurs responsables et à poursuivre leurs efforts pour faire progresser la discipline.
La Confédération africaine de dodgeball a par ailleurs posé un geste concret en faveur de la structure togolaise.
« La Confédération Africaine de Dodgeball a offert des ballons pour qu’ils puissent continuer à promouvoir cette discipline sportive qui nous réunit tous », a-t-elle indiqué.
Cette rencontre du 26 septembre a réuni quatre équipes, masculines et féminines. À l’issue des rencontres, les différentes formations ont été récompensées avec des médailles, tandis qu’un trophée a été remis à l’équipe masculine victorieuse.

Mais derrière cette activité se dessine surtout une ambition plus large. Après plusieurs années consacrées à l’implantation de la discipline, l’Association togolaise de dodgeball veut désormais franchir un nouveau cap : devenir une fédération à l’horizon 2027.
« Le moment est venu pour nous de nous ériger en fédération », affirme Issifou Kamalou-Dine.
Dans cette perspective, des échanges ont récemment eu lieu avec des responsables du ministère des Sports, notamment le Directeur des Sports et la Directrice technique du développement. Selon le président de l’association, ces discussions doivent permettre de renforcer l’accompagnement de la discipline et son ancrage dans le mouvement sportif national.

L’ambition se projette également vers l’international. Mme Paré Aminata entend plaider auprès des autorités sportives togolaises afin que la sélection nationale puisse bénéficier d’un accompagnement en vue d’une éventuelle participation à la Coupe du monde de Bangkok, en Thaïlande.

Après huit années de travail, le dodgeball togolais veut donc désormais passer à une nouvelle étape. De la découverte dans les écoles et les quartiers aux premières expériences continentales, la discipline cherche aujourd’hui à consolider ses bases et à franchir un nouveau cap dans sa structuration.
Hugues E. TOVIEKU
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