Réunis depuis samedi pour un congrès statuaire en vue des prochaines élections du 14 octobre, les membres de l’Association Nationale des Educateurs et Entraîneurs de Football du Togo (ANEEFOOT) se sont quittés pour la deuxième journée consécutive sans trouver d’accord autour du statut des votants.
Après la fin du mandat du bureau sortant porté par Gneni Sebabi (2017-2021), l’élection d’un nouveau comité se fait toujours attendre en raison de la fragmentation entre les membres de l’association. Après plusieurs mois de discussions, l’ANEEFOOT a décidé d’organiser de nouvelles élections pour élire un nouveau bureau avant le début de la saison 2023-24. Mais elle se retrouve ferrée devant un problème majeur : celui des membres inscrits sur la liste des votants.
« Le congrès devrait se tenir depuis hier (samedi, ndlr) mais n’a pas eu lieu pour des raisons très simples. Il y a eu un malentendu sur la liste des votants. Sur celle que le bureau sortant nous a fournie, il y en a qui se réclament adhérents mais qui n’y ont pas leurs noms, ce qui a créé ces effets mécaniques. Nous avons donc décidé de travailler avec la liste officielle, celle que le le Secrétaire général du bureau sortant nous a remise. Mais certains membres demandent qu’on inscrive sur la liste ce qui se disent adhérents mais qui n’y trouvent pas leurs noms. Nous ne trouvons pas sur quelle base nous allons le faire. Si on le faisait, tout le monde peut réclamer qu’il avait cotisé (le droit d’adhésion). Cela traduit la mauvaise gestion [de l’ancien bureau]. À couteaux tirés, la Fédération nous a demandé de reporter le congrès si nous ne nous attendons pas afin de se référer à elle », explique à notre micro Abraw Samer, président du comité ad-hoc mis en place pour gérer le processus électoral.
Le Bureau sortant refute toute hypothèse de « mauvaise gestion »
Donald Haliyaki, secrétaire général du bureau sortant ne voit pas en quoi on peut imputer la responsabilité de ce blocus à ce dernier. « Quand le comité ad-hoc a été mise en place, j’ai remis à son secrétaire général sur sa propre demande, la liste de tous ceux qui sont adhérents et je le lui ai donnée avant même le lancement des paiements de frais de participation au congrès. Donc le problème ne devrait pas se poser », estime t-il.
Avant de poursuivre : « Lorsque le comité ad-hoc a demandé un paiement de 5000 FCFA pour tout participant au congrès [statuaire], les gens sont venus et ont payé mais n’avaient pas fait l’adhésion. Peuvent-ils voter? Non ! Ce n’est pas possible. Est éligible pour voter tout membre adhérent qui connait les textes. Aujourd’hui, des gens ont payé juste les frais de participation au congrès et ils veulent voter. Une première vague d’adhésion à été faite en 2017 pour aller au congrès qui a porté en triomphe le bureau sortant à la tête de l’association. Après cette vague, il y a eu une seconde vague d’adhésion que le Trésorier général a gérée. Lorsqu’il recevait des noms, il me les envoyait et je complétais la liste… Aujourd’hui on a ramené des gens de partout pour voter et quand on se rend compte qu’ils n’en ont pas le droit, on jette du discrédit sur nous. Ce qui est dommage. J’ai reçu l’aval du président [Gneni Sebabi] à qui j’ai fait une copie avant d’envoyer la liste au président du comité ad-hoc. S’il estime aujourd’hui qu’il y a des irrégularités sur la liste, il devrait me les signaler pour qu’on règle ça et non dans la salle. »
Et pourtant, il y a des entraîneurs qui ont la carte de membre de l’ANEEFOOT mais ne retrouvent pas leurs noms sur la liste des votants. « Aujourd’hui la carte n’est pas une preuve d’adhésion parce que tout le monde peut faire la carte, répond Donald Haliyaki. Même la carte nationale d’identité se falsifie. Donc la carte seule ne suffit pas. Si une personne est adhérente depuis un long moment on ne peut pas retirer son nom. Si on retrouve deux anciennes listes sur lesquelles la personne ne figure pas, ça veut dire qu’elle n’a pas adhéré l’association…J’espère que le bon sens va prévaloir dans les prochains jours. La FTF s’est saisie du dossier et je crois qu’il y aura beaucoup plus de fair-play la prochaine fois pour qu’on s’entende. »
Vers un report des élections
Derrière ce problème statuaire se cache un autre qui est peut-être plus grand : celui des candidats pour les élections. Président sortant, Gneni Sebabi est candidat à sa propre réélection. Une candidature contestée par beaucoup qui y voient un cumul de fonctions sachant que ce dernier est depuis 2020 Directeur technique national. « Il y a aussi chevauchement sur une liste avec cumul de fonctions. Le candidat étant le directeur technique national ne peut plus postuler pour la présidence de l’Association selon les textes. S’il a cumulé les deux fonctions pendant un temps, c’est parce qu’il était déjà président de l’AEEFOOT avant devenir DTN. Aujourd’hui qu’il a fini son mandat, il est évident qu’il libère son poste pour être efficace au niveau de la DTN. Malheureusement, il n’a pas voulu comprendre », explique Abraw Samer, prédécesseur de Gneni Sebabi et aujourd’hui président d’honneur de l’association.
Même s’il reste « optimiste que nous reviendrons à de meilleurs sentiments », Samer ne voit pas comment les élections peuvent se tenir au 14 octobre comme prévu dans ces conditions là. « À cette allure, je crois que la date des élections du congrès électif doit être repoussée. Il était prévu pour le 14 octobre. Sachant que la gestion (de l’ancien bureau) n’a pas été bonne, nous voulons faire le toilettage pour remettre l’association sur de nouvelles bases. Malheureusement, certains sont venus intentionnés et il y a eu du brouhaha. Nous avons pas voulu aller très loin voilà pourquoi on a coupé court pour se remettre à la volonté de la Fédération », a ajouté l’ex-sélectionneur des Eperviers U17. La FTF devra donc intervenir pour aider les entraîneurs à trouver un terrain d’entente avant de penser à d’éventuelles élections.